COMPAGNIE JEAN-CLAUDE GALLOTTA “My Ladies Rock”

COMPAGNIE JEAN-CLAUDE GALLOTTA “My Ladies Rock”

Ainsi, l’histoire du rock serait affaire de mâles. Des concerts boostés à la testostérone, des musiques qui rentrent mal dans des pantalons trop étroits, des destins de héros météoriques. Les femmes n’y seraient que des égéries aux yeux énamourés, des icônes secrètes, ou des muses manipulatrices.

 

Il est vrai que pour faire sauter le verrou de la porte du rock (et empêcher qu’on la referme), les pionnières ont dû oser, et fracasser l’image dans laquelle on voulait les confiner.

(Toutes n’y sont pas parvenues, le « man power » en a découragé quelques-unes qui ont dû prendre trop tôt d’autres routes artistiques plus autorisées parl’establishment musical). Et reconnaissons que de Janis Joplin à Patti Smith, de Nico à Nina Hagen, elles n’y sont pas allées avec le dos de la guitare.

Elles et les autres se sont enfin donné le droit « d’être des hommes comme les autres », le droit d’être ce qu’elles étaient, jusque dans leurs excès et leur génie musical, jusqu’aux jeux transgenres et jusqu’à la transe.

 

C’est à la faveur de son My Rock (créé en 2005) autour d’Elvis Presley, des Rolling Stones, de Bob Dylan... que Jean-Claude Gallotta a rencontré ces défricheuses du rock, ces combattantes, quelquefois ces guerrières. Il en a d’ailleurs placé deux parmi les séquences-hommes de son premier opus : Patti Smith et P.J.Harvey.

 

 

La première chanteuse à desserrer l’étau machiste est Wanda Jackson, dans les années cinquante, où elle se hisse au niveau d’Elvis Presley. De cette génération, quelques-unes sont parvenues à crever le « glass ceiling », le plafond de verre qui empêchait les femmes d’accéder à la notoriété qui leur était due : Aretha Franklin, « la reine du soul » ; Janis Joplin, qui connaitra la malédiction des rockers en mourant à 27 ans deux semaines après Jimi Hendrix et neuf mois avant Jim Morrisson ; Joan Baez, engagée et tenace, dont la voix pure a accompagné tous les grands combats pacifistes du demi-siècle ; Brenda Lee, enfant prodige du rock, surnommée « Little Miss Dynamite » ; Marianne Faithfull, l’icône sulfureuse au temps des Rolling Stones qui, ayant survécu aux décennies, atteint aujourd’hui la dimension d’un mythe ; Patti Smith, chanteuse et poétesse, amoureuse et provocatrice, littéraire et mystique ; Nina Hagen, dont les outrances post- punk ne doivent pas faire oublier l’apport vocal exceptionnel ; Siouxsie et les Banshees, considérés comme les inventeurs du rock gothique ; enfin, Tina Turner, la panthère, la fiamboyante, bien plus qu’une superstar, un symbole de courage et de rage.

 

Plus rares, Lizzy Mercier Descloux, punk parisienne, égérie de la scène new- yorkaise, météore disparue en 2004 ; Karen Dalton, la chanteuse préférée de Bob Dylan, entre Billie Holiday pour le chant et Jimmy Reed pour la guitare ; Nico, chanteuse du Velvet Underground à ses débuts, marginale et excentrique, à la voix psalmodiante, nihiliste jusqu’à l’auto-destruction. 

 

Alors, un rock des hommes et un rock des femmes ? Non, parce que toute l’histoire du rock est marquée par l’androgynie, c’est à dire par cette quête désespérée de la réunion du masculin et du féminin. Mick Jagger, Patti Smith, David Bowie,P.J. Harvey, Lou Reed, Nico... et d’autres, en ont été les hérauts en faisant exploser l’étroit corset genré dans lequel suffoquaient les corps avant la venue du Rock. My Ladies Rock va donc raconter la même histoire que My Rock, s’ouvrir sur le même paysage musical et culturel, mais vu d’en face, de la fenêtre qui donnesur le versant féminin, moins exposé au soleil de la gloire mais tout aussi fertile, peut-être plus enthousiasmant encore puisqu’il rejoint aujourd’hui le combat loin d’être achevé de la cause des femmes. C.-H.B.

 

 

MENTIONS OBLIGATOIRES

( Let’s Have A) Party Wanda Jackson (Jessie Mae Robinson) © Kobalt Music Publishing Ltd > I’m sorry Brenda Lee ( Dub Albritton)

 

- Ronnie Self) ©Universal Music Publishing > Sister morphine— Marianne Faithfull (Marianne Faithfull, Keith Richards and Mick Jagger) © ABKCO Music, Inc. and Westminster Music Ltd. Avec l’aimable autorisation d’Emi Music Publishing > Christine—Siouxsie and the Banshees > (Susan Janet Ballion / Steven John Bailey)©Chrysalide Music Ldt, Dreamhouse Music, Domino Publishing. Avec l’aimable autorisation de BMG Rights Management (France) > Baby i love you—Aretha Franklin (Ellie Greenwich / Jeff Barry / Phil Spector) © Mother Bertha Music Inc / Abko Music Inc. Avec l’aimable autorisation d’Emi Music Publishing > My Funny Valentine

 

— Nico (Hart Lorenz / Richard Rodgers) ©Warner Chappell Music France One for a soul— Lizzy Mercier Descloux (Lizzy Mercier Descloux) ©Ze Records > Love Among the sailors Laurie Anderson (Laurie Anderson) ©Dificult Music. Avec l’aimable autorisation d’Universal Music Publishing France > Me and Bobby Mc Gee —Janis Joplin (Fred L Foster / Kris Kristofferson) © Combine Music Corp. Avec l’aimable autorisation d’Emi Music Publishing >Swing Low Sweet Chariot —Joan Baez (Joan Baez) ©Budde Music France Dread Love Nina Hagen (Nina Hagen / Ferdinand Karmelk)> Anti Love Song Betty Davis (Betty Mabry) ©Halit Music > Because the night Patti Smith (Patti Smith / Bruce Springsteen) ©Springsteen Bruce Music. Avec l’aimable autorisation d’Universal Music Publishing > Proud Mary —Tina Turner (John Cameron Fogerty) ©Concord Bicycle

 

CRÉDITS PHOTOGRAPHIQUES

Crédit Giovanni Cittadini Cesi, Guy Delahaye, Laurent Philippe, Pauline Le Goff, Stéphanie Para et Joseph Caprio 

 

Toute l’actualité de la compagnie sur : www.gallotta-danse.com

Le Groupe Émile Dubois / Cie Jean-Claude Gallotta est soutenu par le Ministère de la culture - Direction des Affaires Culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne- Rhône-Alpes et le Département de l’Isère. Il est accompagné par la Ville de Grenoble pour ses actions sur le territoire.